Un nouveau modèle d’exploitation agricole

> Un modèle innovant

Afin de développer une agriculture urbaine la plus respectueuse de l’environnement, la Ville travaille depuis plusieurs années avec l’institut AgroParisTech et l’INRA qui développent un mode de culture circulaire, écologique, productif et adapté à la culture hors sol en milieu urbain.

Il s’agira ainsi de la première serre verticale de production maraîchère diversifiée, sur substrat circulaire.

La production maraîchère à la Cité Maraîchère n’aura pas d’équivalent sur le marché. En effet, il s’agira de la première :
– production maraîchère romainvilloise ;
– production maraîchère hors sol, circulaire, écologique*, socialement responsable et mise en exploitation ;
– production intensive (1 000 m² de culture) de produits maraîchers utilisant ce système agronomique ;
– production sur substrat circulaire réalisée sous serre.

La Cité Maraîchère se veut donc un laboratoire d’expérimentations de techniques agricoles hors sol en milieu urbain.

> L’activité maraîchère en bacs de culture

Les bacs de culture sur substrat sont des unités de production hors sol.
Ces bacs ont été adaptés à la culture de plantes maraîchères à l’aide d’un travail sur les substrats, les matériaux employés ou encore le système d’irrigation. Ce type de culture est actuellement mis en place dans de nombreuses exploitations dans le monde mais les modalités varient énormément d’une exploitation à l’autre (matériaux composant le substrat, système d’éclairage ou de chauffage, modes de fertilisation, etc.).

> Un substrat issu à 100% de produits résiduaires

L’objectif du projet agronomique de la Cité Maraîchère est de recréer un sol en réutilisant les déchets de la ville (broyat de déchets de bois, compost, marc de café, etc.) dans une logique d’économie circulaire qui ne nécessite pas non plus d’engrais chimiques. En effet, la philosophie est de cultiver de manière écologique, sans produit chimique de synthèse (fertilisant ou pesticide).

En France, devant l’émergence de l’agriculture urbaine, l’institut AgroParisTech a initié des recherches sur la culture en bacs sur « technosols » composés de déchets urbains, le projet de recherche T4P (Toit Parisien Productif Projet Pilote), pour répondre à ses demandes de facilité de mise en place et ses enjeux environnementaux (production sur sol impropre à la culture par exemple) et économiques (peu d’investissement,
coûts de fonctionnement relativement faibles).

En 2017-2018, un projet de recherche lauréat d’un appel à projets CASDAR (Compte d’Affectation Spéciale pour le Développement Agricole et Rural) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, s’est basé sur les travaux d’AgroParisTech
et a notamment testé différents types de substrats selon leur composition (utilisation de déchets urbains organiques et de déchets de la construction) et selon leur préparation (en mélange ou en lasagne). Cette étude « Lever les
freins technologiques de l’agriculture urbaine– Techn’AU », menée par l’institut Astredhor en partenariat avec AgroParisTech, Terreau Ciel, Paysan Urbain, Agricool et la Ville de Romainville, a notamment été réalisée pour permettre d’identifier
la composition optimale du substrat de la Cité Maraîchère.

Pour le projet de la Cité Maraîchère, une attention particulière est portée à la qualité
agronomique des substrats qui seront utilisés comme supports des cultures conduites selon les principes de l’agroécologie (associations de cultures, fertilisation organique…).

Ainsi, les attendus de la Ville quant au substrat sont de :
– assurer des rendements suffisants ;
– être suffisamment léger pour être adapté à la portance prévue des étages de la serre verticale ;
– ne pas se dégrader trop rapidement pour éviter de devoir renouveler le substrat trop fréquemment (et réduire les coûts et les manipulations) ;
– intégrer, dans sa composition, des produits recyclés issus du métabolisme urbain.

Le groupe de travail thématique sur les techniques agronomiques créé par la Ville se réunit depuis septembre 2018 pour évoquer, notamment, la question de la composition du substrat qui sera utilisé à la Cité Maraîchère. Un sous-groupe s’est engagé à travailler plus spécifiquement sur ce point. C’est ainsi qu’une expérimentation a été lancée en avril 2019 pour tester différents mélanges sous serre. Menée par l’entreprise Florentaise en partenariat avec AgroParisTech, Astredhor, Moulinot, La Boîte À Champignons et la Ville, l’expérimentation compare un substrat témoin utilisé en horticulture avec 3 substrats composés de déchets urbains produits localement, dont ceux qui seront produits à la Cité Maraîchère : du lombricompost issu notamment des déchets alimentairescollectés à Romainville (fourni par Moulinot), du marc de café mycéliumisé qui est un déchet de culture de champignons produits dans les Hauts-de-Seine (fourni par La Boîte À Champignons), du béton cellulaire concassé issu de déchets du BTP d’Île-de-France (fournie par Florentaise) et de la drêche de bière issu de brasseries de la petite couronne (fournie par Moulinot).

L’expérimentation sera menée sur 2 cycles de culture jusqu’en février 2020 environ pour tester différentes espèces selon les saisons.

> Un système de culture intégré et évolutif

La conception de la Cité Maraîchère de Romainville a été optimisée en intégrant de nombreux paramètres : portance, diffusion de la lumière dans les étages, arrosage intégré…

Les bacs de culture ont des profondeurs différentes (35 et 50 cm) afin d’améliorer la
culture d’espèces à longues racines (telles que les carottes) et certains bacs sont agencés sur deux niveaux superposés afin d’augmenter la surface de culture.

L’arrosage se fait au goutte-à-goutte ou par aspersion selon le type de culture, avec un système programmable dont le débit est ajustable par zones de plantation nécessitant les mêmes apports.

> Une production variée, naturelle et de saison

Afin de fournir aux habitant·es des produits frais et sains, de cultiver de manière écologique et de participer à la sensibilisation de la population sur les enjeux environnementaux, la production de la Cité Maraîchère respectera un cahier des charges stricte :
– aucun intrant chimique de synthèse ;
– production de saison ;
– cultures diversifiées ;
– variétés communes et anciennes, voire tropicales si une demande émerge parmi les habitant·es.

> Un suivi technique et scientifique

Au regard du caractère innovant du modèle agronomique, l’exploitation est réalisée en lien avec les partenaires scientifiques et techniques du projet au travers du groupe de travail thématique sur les techniques agronomes. Ce dernier, composé notamment d’AgroParisTech, l’INRA, l’Astredhor, le ministère de l’Agriculture, les entreprises Florentaise, UpCycle – La Boîte À Champignons et Moulinot assurera un suivi technique et scientifique par :
– le suivi et l’évaluation des systèmes agronomiques, les impacts économiques (vente,
réseau de distribution …), les impacts sociaux ;
– l’analyse et la prise en compte des études et les résultats des enquêtes ;
– la remontée des besoins (emplois, formations …).

L’exploitation agricole fera l’objet d’un suivi quantitatif et qualitatif s’appuyant sur des mesures et recueils de données réguliers. Ces données pourront être analysées lors des réunions du groupe de travail. Enfin, les résultats et données issues de
l’exploitation agricole seront ouverts et partagés de manière libre. Selon les principes de l’open data, ces informations seront libres d’accès et mises à la disposition de tout organisme qui les requerrait pour des fins de recherche.

Ce groupe de travail s’est réuni pour la 1re fois le 26 septembre 2018.